Neige au Rachais, ski au Sappey.
Dicton Tronchois

Qu'est ce qu' un but?

 

Quoi?! Vous ne savez pas encore ce qu'est un but? Vous avez bien de la chance... Allez, on vous met dans la confidence. Les quatres imminents spécialistes du Nimp' Crew ont bien voulu se plier à l'exercice.

 

Table des matières

Introduction générale par le Professeur Jouy

Origines éthymologiques par le Professeur Chou-Fleur

Extrapolation onthologico-logico-techniques par le Professeur Gingreau de la Malice

A venir, l'éclairage philosophique du Docteur Ultzmann

Annexe 1 : Table de conjugaison officielle (à savoir par coeur!)

Annexe 2 : Approfondissements lexicaux

 


Introduction générale par le Professeur Jouy

 

Messieurs,

C'est peu dire que pour que notre vénérable institution prenne ses lettres de noblesse, il lui fallait une définition accadémique z'et normalisante du but. Production difficile et paradoxalement incertaine car ô combien existentielle pour tout nimpiste qui se respecte, l'heure est venue de se jeter à l'eau afin de combler cet odieu gouffre qui occupe les premières pages de notre site et porte atteinte, si tant est qu'il en soit possible en ce bas monde, à notre crédibilité même de serial-buteurs, tant il est habituel que tout praticien expert théorise sur sa discipline, d'autant plus que le travail a été déjà amorcé par la legendaire cot-but, médiatisée et même popularisée, terme que nous préfererons à "démocratisée" car pour le moins inadapté à la situation puisque, nous, nimpistes en chef, sommes bien entendu souverains de droit naturel et divin concernant l'art de buter.

Moi-même n'étant pas dans l'état d'esprit jugé opportun pour produire un texte suffisement inspiré, peut-être pourrions nous lancer une fine ébauche de cette définition du but, détonnateur espéré de plus amples envolées lyriques et autres dissertations, polémiques et argumentaires.

Nonobstant le fait que cette précedente prose pourrait avec quelques remaniements, pourquoi pas, servir d'introduction ou de préambule à notre futur page de définition, il est forcé de remarquer que la page demeurre bien blanche et qu'en déblatérant de la sorte, je ne fait qu'accentuer l'affaire...

Sur ces quelques mots, vous laisse, messieurs, en espérant que ma missive ne reste point lettre morte, l'honneur d'entammer les hostilités!

Z'à vos nimp'plumes!

Origines éthymologiques par le Professeur Nathanaël Chou-Fleur


But : du latin butum, qui signifie cage, ou en encore objectif. Nom masculin (hé oui mesdames !). Il a les significations communes que l'on sait (football).

En montagne :

1) Le but d'une rando est souvent un sommet. C'est l'objectif que l'on se fixe avant le départ et dont toute la suite consistera a atteindre, par divers artifices.
Le but peut aussi être d'aller trouver de la bonne neige, ou de simplement perdre un peu de temps, dans un cadre agréable.

2) Prendre un but : Lorsque le but précédent n'est pas atteint, on dit alors qu'on a pris un but, par analogie avec un jeu de ballon populaire, ou le but est d'en marquer le plus possible, et d'en prendre le
moins possible.
Le but peut être plus ou moins douloureux, selon le contexte.
ex: - le but initial n'est pas accessible avec les artifices dont on dispose. Il faut se resigner, on a pris un but !
- le couloir n'est pas en neige (glace, rochers), on rentre a la maison en ayant pris un but.

Il va sans dire que c'est la deuxième acception du terme que nous retenons comme ayant quelque valeur à nos yeux, la première étant par trop consensuelle. Nous entendons le verbe dérivé, "buter", de la même,façon. C'est à dire, s'il fallait l'exprimer dans la langue de shakespeare, comme "to bump" et non "to goal".

Pour plus de précisions, se rapporter ici



Extrapolations onthologico-logico-techniques par le Professeur Gingreau de la Malice

 

Je pense que la définition new crimpienne doit être courte (pour ne pas dire lapidaire). Je propose :

"En randonnée à ski, en surf ou en luge-pelle, un but est l'échec par rapport à l'objectif premier (intimement) fixé, pour une sortie donnée."

Illustration :
Je pars pour faire le Sorbier, il y a des caillous dans le raidillon du haut et je ne ski pas alors que normalement ça passe, c'est un but.
Je pars sur Combeynot Ouest avec idée de faire un half-combeynot et si c'est bon, le reste. Si je m'arrète à la moitié, c'est B0, si je sors au sommet , c'est aussi B0
En revanche, je pars pour le sommet Combeynot Ouest avec idée de m'arrèter à la moitié si c'est pas bon. Si je m'arrète à la moitié, c'est le but!
Je pars pour le N des Grd Moulins, ça passe à la montée, mais la neige est moyenne et de redescend pas un autre itinéraire : bien que joli, c'est aussi un but!

Commentaire :
Bref, c'est une banalité que de le dire mais plus l'objectif est élevé, plus le non-but se fait rare.
Inversement plus la course est annoncée facile et sûre, et plus quand il y but, l'auteur du méfait sera couvert de honte et osera à peine rentrer sa course sur skirando. D'où l'utilité du travail de fond perversif mené par la new crimp pour humaniser le mileu de la randonnée encore trop dur à l'égard des mauvais. Et de lui même !



Annexe 1 : Table de conjugaison officielle du verbe Buter

Annexe 2 : Approfondissements lexicaux
(source : http://atilf.atilf.fr)

BUTER, verbe.
I. [Idée de rencontre d'un point d'arrêt par le suj.]
A. [Le point d'arrêt est le point terminal d'une visée]
1. JEUX (billard), emploi abs. Frapper au but.
2. Emploi intrans., au fig., vx. Buter (à). Viser (à). C'est à quoi je bute. Il butait à telle charge, à tel emploi (Ac. 1798-1878) :

1. « Ainsi, s'écriait M. Bail, si l'on me demande quel est mon dessein dans cette visite, à quoi je tends, à quoi je bute, je répondrai : sorores quaero, je cherche mes sœurs. »
SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 4, 1859, p. 38.

Emploi abs. Buter. Aller à son but.
B. [Le point d'arrêt est un obstacle]
1. Emploi trans. Buter qqc. ou qqn, (suivi éventuellement de la prép. de ou avec). [Le suj. désigne un animé] Buter du pied, de la tête. Elle perdit l'équilibre et vint buter la porte avec son front (R. ROLLAND, Jean-Christophe, L'Adolescent, 1905, p. 255).
Au fig., emploi pronom. réciproque. Ce sont des gens qui se butent, qui se sont butés l'un contre l'autre (Ac. 1835-1932).
2. Emploi intrans., usuel (suivi d'un compl. d'obj. indir., prép. à, contre, dans, devant, sur, précisant la relation à l'obstacle)
a) [Le suj. désigne un inanimé] S'appuyer contre un objet qui arrête ou qui limite un mouvement :

2. Le tenon ne doit pas traverser de part en part la pièce de bois adverse; il doit venir buter contre un épaulement qui rend l'assemblage plus solide et plus propre.
J. VIAUX, Le Meuble en France, 1962, p. 6.

b) [Le suj. désigne un animé] Se heurter à un obstacle. Je ne prends garde qu'à tes pieds pour qu'ils ne butent pas aux pierres (RAMUZ, Aimé Pache, peintre Vaudois, 1911, p. 233).
SYNT. Buter contre une marche, un meuble, un mur, les pavés, une pierre, une porte close, les racines, une souche, un tronc d'arbre; buter du front, du nez, du pied contre un meuble, une porte. Buter dans. Parfois son pied butait dans les ornières (ALAIN-FOURNIER. Le Grand Meaulnes, 1913, p. 67); elle expliqua qu'elle avait buté dans un caillou et s'était flanquée par terre (QUEFFÉLEC, Un Recteur de l'île de Sein, 1944, p. 168). Buter sur. Ses pieds butaient sur la route noire (ZOLA, La Terre, 1887, p. 236).
Au fig. [Le suj. désigne une pers. ou une collectivité; le verbe est suivi d'une prép.] Buter contre. Buter contre son impuissance, son incompétence, son incompréhension. Buter dans. On bute dans des riens. On rêve de trop (CÉLINE, Voyage au bout de la nuit, 1932, p. 300). Buter devant. Ce n'est pas la première fois que je bute devant un diagnostic (R. MARTIN DU GARD, Les Thibault, Le Pénitencier, 1922, p. 756). Buter sur. Buter sur un problème, sur une réticence.
3. Emploi abs. [Le suj. désigne un animé] Synon. trébucher. Buter à chaque pas, buter comme un homme ivre. Le cheval bute et tombe sur la face antérieure de ses boulets (E. GARCIN, Guide vétér., 1944, p. 178).
Au fig. [Avec un compl. circ.; à « avec, à l'occasion de »] Buter à chaque mot.
Rem. On rencontre parfois dans ces accept. et avec un tel compl. la forme pronom. (emploi subjectif). Se buter à, contre, dans qqc. Il devait ou retourner sur ses pas ou se butter contre les murs (HUYSMANS, Les Sœurs Vatard, 1879, p. 283); je me bute dans une allée contre quelque chose que je croyais un paquet de chiffons (E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1889, p. 955). Au fig. Se buter à un obstacle, à une impossibilité, à un veto.
II. [Idée de rencontre d'un point d'arrêt par l'obj.] Emploi factitif. Faire en sorte que quelqu'un ou quelque chose soit dans tel ou tel état.
A. Emploi trans. [Le point d'arrêt est un point d'appui]
CONSTR. Buter une poutre. La placer, l'appuyer contre quelque chose.
Buter un mur, une voûte. Soutenir un mur, une voûte à l'aide d'un étai, d'une culée, d'un arc-boutant pour l'empêcher de s'écarter. Synon. épauler, étayer. Une suite d'épais contreforts en pierre destinés à buter des voûtes (VIOLLET-LE-DUC, Entretiens sur l'archit., t. 2, 1872, p. 63).
B. Usuel. [Le point d'arrêt est un blocage psychique]
1. Emploi trans. Buter qqn. Le pousser à une détermination où il se fixe. Synon. braquer, choquer. Léo. Je veux dire ne pas buter Michel. Être habile... / Yvonne. Non, non. Il faut couper net (COCTEAU, Les Enfants terribles, 1929, I, 9, p. 220); « laisse-la donc libre. Il ne faut pas la buter », m'a dit Robert (S. DE BEAUVOIR, Les Mandarins, 1954, p. 61).
2. Emploi pronom. réfl. Se buter. Se fixer dans une position sans issue :

3. Ce pauvre Mareste est devenu, (...) l'un des défenseurs les plus acharnés de ce qu'on appelle le genre romantique dans les arts, et l'on sait par expérience ce que c'est de défendre forcément une doctrine dont on n'est pas intimement imbu, et qui contrarie même souvent nos impressions personnelles : on s'obstine, on se bute, ou l'on tourne la chose en plaisanterie.
DELÉCLUZE, Journal, 1824, p. 33.

SYNT. Se buter par entêtement, par orgueil, par vanité.
Se buter à, contre, dans, sur. Être arrêté par une chose sur laquelle on s'acharne avec opiniâtreté. Synon. s'entêter, s'obstiner. Se buter dans le mensonge, dans le silence.
Se buter à + subst. Se buter à, contre une difficulté, un problème :

4. Je passai de la sorte trois ou quatre mois, devenant chaque jour plus amoureux, parce que je me butais chaque jour plus contre une difficulté que j'avais créée moi-même, ...
CONSTANT, Le « Cahier rouge », 1830, p. 21.

Se buter à + inf. (rare). On sait que je ne me butais pas à plier les circonstances à mes idées (LAS CASES, Le Mémorial de Sainte-Hélène, t. 2, 1823, p. 376).
Rem. On rencontre dans la docum. le composé contre-buté. Feuilly, (...), avait contre-buté les barriques et le haquet de deux massives piles de moellons (HUGO, Les Misérables, t. 2, 1862, p. 327).
PRONONC. ET ORTH. : [byte], (je) bute [byt]. Homon. butée (plante), but(t)ée (constr.), but(t)er (tuer), butter (agric.). Écrit avec un seul t dans les dict. gén. dont Ac. 1798-1932; dans les textes, on rencontre parfois butter.
ÉTYMOL. ET HIST.
I. 1. 1289 « (d'une terre) aboutir à, toucher à » (Cart. S. Sauv.-le-Vic., p. 27, Arch. Manche dans GDF., s.v. bouter) 1606, NICOT; 2. 1539 « heurter le pied (contre qqc. de saillant) » (EST.); 3. 1636 pronom. fig. « s'opposer à qqn » (MONET, Invent. dans GDF. Compl.); 1690 (FUR. : ils sont buttez, [...] ils se buttent en toutes occasions); 4. 1690 part. passé, fig. (FUR. : Butté, signifie aussi, fixé à un certain point où on se tient opiniâtrement); 5. 1694 archit. (CORNEILLE : Buter. Contretenir, empescher la poussée d'un mur).
II. 1560 fig. buter a + subst. « viser à » (PASQUIER, Recherches, VI, 9 dans GDF. Compl.); 1583 trans. « viser » (Cl. GAUCHET, Le Plaisir des Champs, l'Automne, Divers plaisirs, p. 280 dans HUG.); 1585 emploi abs. « tirer sur une cible » fig. (CHOLIÈRES, 6e Ap. Disnée, p. 230, ibid.); attesté dans les dial. comme terme de jeu (FEW t. 15, 2, p. 35b, 36a).
Dér. de but*; II de but* étymol. 3 a; dés. -er.
STAT. Fréq. abs. littér. : 412. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 29, b) 190; XXe s. : a) 685, b) 1 212.
BBG. ORR (J.). Qq. étymol. scabreuses. Archivum linguisticum. 1949, t. 1, no 1, p. 58.